Pour autant, les crises internationales semblent durablement transformer la manière dont les voyageurs choisissent leurs destinations, évaluent les risques et préparent leurs séjours. Une étude YouGov menée auprès de plus de 2 000 Français met en évidence l'émergence d'un nouveau rapport au voyage, où la sécurité, la proximité et la flexibilité prennent une place croissante.
1 français sur 2 a déjà réservé un voyage ou prévoit de partir malgré les incertitudes géopolitiques
Malgré un contexte international marqué par les conflits et les tensions géopolitiques, le désir de voyager reste bien présent chez les Français. Au-delà des 54 % ayant déjà réservé un voyage ou prévoyant de partir prochainement, 20 % envisagent encore de voyager sans avoir finalisé leurs projets.
Cette résilience de la demande touristique montre que les voyages restent une priorité pour de nombreux ménages. Mais derrière cette stabilité apparente se cachent des arbitrages de plus en plus marqués.
En effet, 59 % des Français déclarent que le contexte géopolitique actuel influence leur envie de voyager. Plus encore, 69 % estiment que la situation internationale aura un impact durable sur leur façon de voyager dans les années à venir.
L'Europe s'impose comme la destination refuge pour 70 % des Français
Lorsqu'il s'agit de choisir une destination, le budget total du voyage reste le premier critère cité par les Français (33 %), devant les paysages et attraits naturels (29 %) et le climat (28 %).
Mais la sécurité s'impose désormais comme un critère majeur : 24 % des répondants la citent parmi leurs principaux facteurs de décision, devant l'accessibilité ou les recommandations de proches.
Cette recherche de sécurité se reflète également dans la perception des différentes régions du monde. L'Europe apparaît très largement comme la zone la plus sûre pour voyager, selon 70 % des Français. L'Océanie (23 %), l'Asie (20 %) et l'Amérique du Nord (19 %) arrivent loin derrière.
À l'inverse, seules 4 % des personnes interrogées considèrent aujourd'hui le Moyen-Orient comme une zone particulièrement sûre pour voyager.

59 % des Français privilégient des destinations proches et facilement accessibles
Face à un environnement international jugé plus incertain, les Français semblent adopter une stratégie de prudence.
Près de six Français sur dix (59 %) déclarent privilégier aujourd'hui des destinations proches et facilement accessibles, contre seulement 20 % qui continuent à privilégier des destinations plus lointaines, à condition qu'elles soient perçues comme sûres.
Cette évolution se traduit également dans les changements de projets observés récemment. Parmi les personnes ayant modifié leurs plans de voyage, les destinations européennes constituent le principal report (32 %), devant la France (20 %).
La proximité apparaît ainsi comme une réponse concrète aux préoccupations liées à l'instabilité internationale.
Face aux incertitudes, 60 % des Français renforcent leurs exigences en matière de garanties
L'un des enseignements les plus marquants de l'étude concerne les attentes vis-à-vis des garanties de voyage.
L'annulation gratuite est aujourd'hui la garantie la plus recherchée (45 %), devant la couverture en cas de crise ou d'événement exceptionnel (43 %) et le remboursement rapide en cas d'annulation (41 %).
Depuis l'escalade récente des conflits au Moyen-Orient, 60 % des Français déclarent accorder davantage d'importance à ces garanties qu'auparavant.
Cette évolution traduit une volonté croissante de conserver une marge de manœuvre face à des événements perçus comme imprévisibles. Les voyageurs ne cherchent plus seulement le meilleur prix : ils recherchent également la capacité d'adapter ou de sécuriser leurs projets.
Dans ce contexte d'incertitude, les prises de parole des acteurs du voyage ne suffisent pas toujours à rassurer les voyageurs. Un Français sur deux (50 %) déclare que les actions ou communications des compagnies aériennes, agences de voyage ou autres acteurs du secteur n'influencent pas son sentiment de sécurité. Ce résultat met en évidence le défi auquel fait face l'industrie du voyage : alors que les préoccupations géopolitiques occupent une place croissante dans les décisions des voyageurs, la confiance ne semble pas acquise et reste un enjeu majeur pour les acteurs du secteur.
Les remises ne compensent pas le risque perçu
L'étude montre également que les Français restent largement réticents à voyager dans des zones jugées instables.
Près des deux tiers (65 %) affirment qu'ils ne maintiendraient pas un voyage dans une région perçue comme instable, même en échange d'une réduction de prix importante.
À l'inverse, seuls 6 % accepteraient sans hésitation une telle proposition.
Ces résultats suggèrent que la perception du risque géopolitique dépasse désormais la seule question budgétaire. Pour une majorité de voyageurs, la sécurité apparaît comme un critère non négociable.
Vers une nouvelle normalité du voyage
L'étude révèle une transformation profonde du comportement des voyageurs français. Si l'envie de partir reste intacte, les critères de décision évoluent.
Le voyageur de 2026 ne renonce pas au voyage. Il sélectionne davantage ses destinations, privilégie les régions perçues comme sûres, accorde une importance croissante aux garanties et favorise les options lui permettant de conserver de la flexibilité.
Dans un contexte international marqué par une succession de crises, la sécurité et la capacité d'adaptation semblent désormais s'imposer comme deux composantes essentielles de l'expérience de voyage.
