En octobre, les rubans roses fleurissent un peu partout. En novembre, c’est au tour des moustaches. Octobre Rose et Movember se suivent dans le calendrier et partagent le même objectif : faire parler de prévention des cancers. Mais auprès des Français, les deux campagnes ne jouent pas du tout dans la même catégorie. C’est ce que montre, comme l’an dernier, le sondage YouGov réalisé les 21 et 22 octobre 2026 auprès de 1 002 Français.
- Octobre Rose, lancé en France en 1994, sensibilise au dépistage du cancer du sein et collecte des fonds pour la recherche.
- Movember, né en Australie en 2003, se tient en novembre et met en avant la santé masculine : cancers de la prostate et des testicules, mais aussi santé mentale. Son symbole : la moustache.
Qui connaît vraiment ces campagnes ? Qu’est-ce qui a bougé en un an ? Et quelle place les Français laissent-ils aux marques ?
L’essentiel en chiffres
- 91 % des Français connaissent Octobre Rose, contre 36 % pour Movember.
- 59 % ont agi ou comptent agir pour Octobre Rose, 37 % pour Movember.
- 72 % jugent important qu’une marque s’engage autour d’Octobre Rose, 65 % pour Movember.
- Seuls 9 % des hommes comptent se laisser pousser la moustache en novembre.
Octobre Rose : 9 Français sur 10 connaissent la campagne, les femmes en tête
Octobre Rose fait clairement partie du paysage. 91 % des Français connaissent la campagne, un niveau stable par rapport à l’an dernier (90 %), et près de trois sur quatre (73 %) sauraient l’expliquer. Comme en 2025, les femmes sont un peu plus nombreuses à la connaître (95 %, contre 87 % des hommes).
Et beaucoup ne s’arrêtent pas là : 59 % des Français ont déjà fait ou comptent faire quelque chose cette année. Les gestes simples dominent toujours : on en parle autour de soi (30 %, contre 34 % l’an dernier) ou on porte du rose, voire le ruban (28 %, contre 25 % l’an dernier). Viennent ensuite un message de soutien sur les réseaux sociaux (19 %, contre 20 % en 2025), un don à une association (17 %) ou un événement sportif solidaire, comme une course (15 %).
Là encore, les femmes sont en première ligne : 66 % d’entre elles se mobilisent, contre 51 % des hommes. Quatre hommes sur dix (40 %) ne prévoient rien. Les plus jeunes sont aussi les plus impliqués : 74 % des 18-24 ans comptent agir, et près de la moitié (48 %) en parlent avec leurs proches. Chez les 55-64 ans, on tombe à 48 %.
Movember, c’est quoi ? Une campagne encore méconnue des Français
Movember, c’est le mois de la santé masculine : pendant tout novembre, les hommes sont invités à se laisser pousser la moustache pour sensibiliser aux cancers de la prostate et des testicules, ainsi qu’à la santé mentale.
Encore faut-il le savoir : seuls 36 % des Français en ont entendu parler, à peine plus que l’an dernier (34 %), et un sur cinq (20 %) saurait vraiment expliquer de quoi il s’agit. Un changement tout de même : en 2025, la campagne était un peu plus connue des hommes que des femmes (38 % contre 31 %) et cette année, l’écart a disparu (36 % contre 37 %).
La différence se joue surtout entre générations. Près des deux tiers des 25-34 ans (63 %) connaissent Movember, contre un quart des 55-64 ans (24 %) et à peine 14 % des 65 ans et plus. Les parents la connaissent aussi mieux (53 %, contre 30 % des personnes sans enfant).
Quant à la fameuse moustache, elle ne fait toujours pas recette : seuls 9 % des hommes comptent se la laisser pousser, contre 11 % l’an dernier. Comme pour Octobre Rose, le premier réflexe reste d’en parler à ses proches (23 %), puis de relayer la campagne sur les réseaux sociaux (14 %).
Au final, 37 % des Français comptent faire au moins un geste pour Movember, hommes et femmes à égalité, comme l’an dernier. Près d’un sur deux (47 %) ne prévoit rien.
Octobre Rose, Movember : les Français attendent les marques, mais sur du concret
Faut-il que les marques s’emparent de ces campagnes ? Pour une large majorité de Français, oui. L’an dernier, 66 % jugeaient important qu’une marque s’engage et communique autour de ces campagnes. Cette année, en distinguant les deux, l’attente apparaît plus forte pour Octobre Rose (72 %, dont 38 % « très important ») que pour Movember (65 %). Très peu y voient un sujet sans importance : 11 % pour Octobre Rose, 14 % pour Movember.
Ce qui frappe, c’est que l’écart entre les deux campagnes fond sur ce point : 7 points seulement, contre 55 sur la notoriété. Movember a beau être peu connu, les Français sont presque aussi nombreux à penser que les marques ont un rôle à y jouer. Certains y voient même une raison de plus : la campagne manque de visibilité, et la santé des hommes reste un sujet dont on parle peu.
Quand on leur demande pourquoi, les partisans reviennent souvent aux mêmes idées. Les marques touchent beaucoup de monde, elles peuvent pousser au dépistage et elles ont les moyens de financer la recherche. S’engager, c’est aussi montrer qu’on se soucie de la santé de ses clients.
Les sceptiques, minoritaires, ont eux aussi leurs arguments : « ce n’est pas le rôle des marques », la santé est l’affaire des pouvoirs publics et des soignants, et l’opération ressemble parfois trop à du marketing. Même parmi les plus favorables, certains attendent du concret : de l’argent réellement reversé, et un engagement qui ne s’arrête pas le 31 du mois.
Ce qu’il faut retenir
D’une année sur l’autre, le paysage bouge peu. Octobre Rose reste un rendez-vous que presque tout le monde connaît, porté d’abord par les femmes et les plus jeunes. Movember, lui, cherche encore son public : sa notoriété progresse à peine (36 %, contre 34 % en 2025) et reste concentrée chez les moins de 45 ans. Seule vraie nouveauté : les femmes la connaissent désormais autant que les hommes.
Pour les marques, il y a là une vraie carte à jouer. Elles sont attendues sur Octobre Rose, mais c’est sans doute sur Movember qu’elles peuvent faire la plus grande différence, tant la campagne a besoin de se faire connaître. À une condition : agir pour de vrai, plutôt que de se contenter de passer son logo en rose ou d’y ajouter une moustache.
Méthodologie
Étude YouGov Surveys réalisée du 21 au 22 octobre 2026 auprès de 1 002 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Les sondages ont été effectués en ligne sur le panel propriétaire YouGov France. Les comparaisons avec 2025 s’appuient sur l’étude réalisée du 21 au 22 octobre 2025 auprès de 1 026 personnes et sont données à titre indicatif.

